L’histoire derrière la photo – Le col du Lautaret

L’histoire derrière la photo – Le col du Lautaret

La photo a été prise au col du Lautaret. 

J'avais repéré ce lieu lors d'une balade début septembre avec ces jolis lacets de route. J'avais prévu de revenir rapidement pour faire une belle pose longue. Mais lors de cette randonnée, en courant dans la descente, mauvaise réception après un saut. Je ne tiens plus sur ma cheville. Une douleur indescriptible. Je ne peux plus poser ma cheville au sol. Encore 2 heures à descendre. "Heureusement", c'était avec un groupe. Je m'aide de mes bâtons comme béquille pour ce calvaire qu'il me reste à parcourir. Je parviens à rentrer. Très difficilement. Première chose en arrivant : repos et glace. La douleur se calme. Je peux me déplacer, mais je ressens comme une gêne. Ma cheville est un peu gonflée mais elle ne désenfle pas.

Finalement, je vais faire une échographie. Le verdict est sans appel : 2 ligaments de la cheville droite en moins. Le médecin me regarde bouche bée, en demandant comment j’arrive à tenir sur ma cheville. Je peux tenir sur une jambe avec ma cheville en vrac. L’annonce est comme une claque. Tous mes projets prévus anéantis en l’espace d’une seconde. J'ai dû attendre plus de 4 mois avant de pouvoir revenir sur les lieux et reprendre cette photo qui me trottait terriblement dans la tête. 2 mois d'immobilisation. Et bien plus en rééducation. Un temps court. Et pourtant, infiniment long. 

j'aurais dû aller au urgences directement.

Décembre 2016. 

Je prévois de retourner sur les lieux de la blessure. Un ciel sans nuages est annoncé ce soir-là sur le col du Lautaret. C’est le feu vert que j’attendais. Préparation en amont : Tous le matériel photo, trépied, veste de ski, gants, bonnet, lampe torche, triple pull, au cas où ! 1h30 de route, quelques kilomètres plus tard. J’arrive à 17h. En hiver, le soleil se couche déjà. Il fait un froid glacial. Il y a du vent. Du froid et du vent. Le mélange parfait pour se les geler !
Je repère rapidement l’endroit où je veux aller. Je dois monter un peu plus, sinon on ne voit qu’un seul lacet de route. La photo présente est un panorama de 30 photos. Les photos ont été prises en deux temps, le sol puis le ciel. Le sol a été pris lorsque le soleil s'est couché, la montagne s'est teintée de bleu avec de magnifiques couleurs indescriptibles. 
J'ai attendu une quarantaine de minutes pour avoir les premières étoiles. 

Je suis seul. Avec pour seul compagnon le murmure du vent.

Solitude. Quel sentiment magique.

Malgré la morsure du froid, j’apprécie le spectacle magnifique qui s’offre à moi. Un sentiment de nostalgie mélangé à une douce satisfaction.

Florian